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Spécialisée dans la mesure des émissions de gaz à effet de serre, l’ONG “Carbon brief” vient de publier des comparaisons éloquentes.

400 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère

Depuis le mois de septembre 2019, les grands feux ont relâché dans l’atmosphère 400 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) soit autant que les 116 pays les moins émissifs de la planète et tout juste un peu moins que les 445 millions de tonnes rejetées par la France en 2018 et que le bilan annuel de l’Australie, l’un des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre par habitant au monde.

La comparaison des émissions annuelles des 116 pays les moins émetteurs (359 millions de tonnes), les émissions des feux australiens (370 millions de tonnes), le bilan annuel de l’Australie (422 millions) et les exportations de charbon et de gaz de l’Australie en 2018 (1196 millions de tonnes). © Carbon brief

Les feux amazoniens ont été légèrement plus polluants. Nourrissant un débat interne intense qui oppose les protecteurs de l’environnement aux tenants de l’industrie minière nationale du charbon et du gaz, “Carbon brief” dévoile que ces feux ont émis un tiers seulement des quantités émises par l’exportation australienne de ces énergies fossiles dans le monde. Une situation qui ne devrait d’ailleurs pas s’arranger car les projets miniers australiens se poursuivent. Ainsi, le projet indien Adani d’exploitation de la mine Carmichaël à 300 kilomètres à l’intérieur du Queensland nourrit la polémique. L’entreprise Siemens qui vient d’accepter un contrat avec Adani est ainsi vivement critiquée en Allemagne.

Le lien entre incendies et changement climatique est de plus en plus solide

Le changement climatique est régulièrement cité comme l’une des causes de la multiplication des grands incendies. Paradoxalement, c’est en Australie que le lien est le plus difficile à établir selon une revue de la littérature scientifique effectuée par le Tyndall Center britannique. Pour ces chercheurs, “l’impact du changement climatique d’origine humaine sur les incendies excède la variabilité naturelle du climat”. Les saisons propices aux incendies sont plus longues de 25%. En 2019, 22% des surfaces incendiées dans le monde ne peuvent être expliquées seulement par des conditions météo exceptionnelles. Les modèles indiquent que l’impact du changement climatique généré par l’homme sur la virulence des incendies et la longueur de la saison des feux a émergé dans les années 1990 pour l’Amazonie et la zone méditerranéenne. Cet impact est reconnu à partir des années 2000 pour la Scandinavie et des années 2010 pour l’Amérique du Nord. Le lien n’est pas encore fait pour les forêts boréales de Sibérie mais il devrait être établi dans la décennie qui vient.

En Australie, les observations montrent que la sévérité et la durée des feux ont augmenté lors des dernières décennies. Mais le diagnostic entre variabilité naturelle et changement climatique est plus difficile à distinguer de la forte variabilité inter-annuelle induite par le phénomène El Nino de réchauffement des eaux de l’océan Pacifique. Il n’empêche que les mesures du satellite SMOS montrent que les teneurs en humidité des sols et des végétaux enregistrées en 2019 sont les plus basses jamais mesurées dans l’île-continent.

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