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Dans une lettre ouverte aux Eurodéputés, ils réclament une réforme totale de la Politique Agricole Commune pour enrayer la crise écologique.

open letter 650 ivan bandura

Crédit photo : Ivan Bandura

Partout en Europe, la biodiversité européenne connait un catastrophique déclin lié à des pratiques agricoles néfastes pour l’environnement. Face à ce constat, plus de 2500 naturalistes s’adressent aux députés du Parlement Européen à travers une lettre ouverte à laquelle s’associe BirdLife International, dont la LPO est le représentant officiel en France. La voici :

LETTRE OUVERTE AUX EURODEPUTE(E)S

Objet : Réformer la PAC : une agriculture néfaste détruit la nature.

Chers membres du Parlement Européen,

Le sort de la Nature en Europe est entre vos mains. Scientifiques originaires de tous les États membres de l’UE et d’ailleurs, nous observons à travers l’Europe le déclin catastrophique des populations d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’amphibiens et d’insectes en raison de pratiques agricoles néfastes. Nous vous exhortons à écouter la science et à agir sans délai pour entreprendre une réforme en profondeur de la Politique Agricole Commune (PAC) de l’Union Européenne.

La PAC a conduit à une intensification des pratiques agricoles, une homogénéisation des paysages, une augmentation des pesticides et des fréquences de fauche, l’expansion de l’irrigation et la destruction des pâturages. Le consensus scientifique sans équivoque est qu’ensemble, ces activités ont entraîné un déclin des populations d’oiseaux européens en milieu agricole de plus de 55% entre 1980 et 2015 ; ainsi qu’un effondrement de plus de 76% des populations d’insectes, selon une étude réalisée dans 63 réserves naturelles en Allemagne entre 1989 et 2016. Ces deux chiffres sont liés et des tendances similaires sont observées en Europe pour d’autres familles d’animaux et de plantes vivant en zones agricoles. La situation continue de se dégrader. Certains oiseaux sont en outre exposés à des menaces supplémentaires pendant leur migration et sur leur site d’hivernage à cause de la chasse et du braconnage.

La PAC désertifie les zones rurales, transformées en inhabitables monocultures à rendement maximal. Les mesures environnementales du pilier 1 de la PAC sont largement inefficaces pour conserver ou restaurer la biodiversité et sont trop souvent mal contrôlées. Les programmes agroenvironnementaux actuels sont à la fois sous financés et insuffisamment ciblés pour remédier aux dommages causés à la biodiversité spécifique des milieux agricoles. Des analyses approfondies montrent également que les propositions de la Commission pour l’après 2020 n’envisagent pas une véritable réforme de la PAC et risquent même de réduire ses ambitions. De telles orientations négatives continueront d’altérer la Nature dans les États membres de l’UE, tout en menaçant les pays désireux de la rejoindre. L’adhésion à l’UE ne devrait pas générer de printemps silencieux.

Une réforme de la PAC doit permettre le développement d’une agriculture durable et diversifiée grâce à des mesures ciblées qui soutiennent les petites exploitations pratiquant une agriculture responsable pour maintenir des terres à haute valeur écologique. Les modèles montrent qu’appliquées correctement, de telles mesures pourraient contribuer à la fois à la restauration de la biodiversité et au rétablissement des populations humaines rurales. Ces bénéfices peuvent être obtenus en alignant véritablement la future PAC sur les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. Par exemple, des aides financières spécifiques pour la biodiversité dans les exploitations peuvent faire du pâturage extensif une option viable et compétitive pour les éleveurs.

Il est scientifiquement démontré que le changement climatique et la perte de biodiversité doivent être considérés comme des priorités absolues si l’UE veut respecter l’Agenda 2030 pour le développement durable. L’UE doit être pionnière dans la réponse à ces défis et la PAC doit faire partie de cette réponse plutôt que de continuer à être complice d’une dégradation continue de l’environnement.

Nous sommes prêts à vous aider à mettre en œuvre les solutions décrites ci-dessus. N’hésitez pas à nous contacter.

Sincèrement votre,

Signataires :

Union européenne des ornithologues

Jan-Åke Nilsson, président | Barbara Helm, présidente sortante, Alfonso Marzal, président élu

Fondation European Mammal

Tony Mitchell-Jones, président

Societas Europaea Herpetologica

Mathieu Denoël, président

Societas Europaea Lepidopterologica

Erik J. van Nieukerken, président | Marianne Espeland, secrétaire générale

Butterfly Conservation Europe

Chris van Swaay, président

European Bird Census Council

Mark Eaton, président

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