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L’ONG estime que “les volumes de déchets de haute activité à vie longue sont cinq à sept fois supérieurs aux chiffres officiels”. 

Greenpeace dénonce les “coûts cachés” liés à la gestion des déchets nucléaires, estimant qu’il faudrait au moins 18 milliards d’euros supplémentaires pour le stockage de matières radioactives aujourd’hui officiellement considérées comme réutilisables, dans un rapport à paraître mercredi 10 septembre.

Selon le dernier inventaire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), la France comptait 1,62 million de mètres cubes de déchets radioactifs fin 2017. Les charges de gestion de ces déchets (hors futures opérations de démantèlement des centrales nucléaires) sont estimées officiellement à 73,5 milliards d’euros, dont 25 milliards – somme fixée par décret – pour le futur site de stockage géologique profond Cigéo.

Mais “nos calculs ont permis d’estimer que les volumes de déchets de haute activité à vie longue sont cinq à sept fois supérieurs aux chiffres officiels (…) Cela signifie qu’il faudrait a minima doubler les dimensions du projet Cigéo”, a déclaré Florence de Bonnafos, de Greenpeace France.

Pour l’ONG anti-nucléaire, un certain nombre de substances radioactives, comme le combustible usé entreposé dans les piscines de La Hague, devraient être classées comme déchets et non pas comme matières (substances pour lesquelles une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée). Dans un rapport publié en juillet, la Cour des comptes avait déjà noté les “limites” et l'”ambiguïté” de cette classification pour certaines substances. 

Devançant la publication du rapport de Greenpeace, EDF a assuré mardi après-midi avoir pris les provisions financières nécessaires pour ses déchets. Cette passe d’armes intervient à deux semaines de l’issue du débat national sur la gestion des matières et déchets radioactifs lancé en avril, sujet sensible et très clivant dans un pays qui possède le deuxième parc de réacteurs nucléaires au monde.

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