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L’ONG pointe en particulier les SUV, ces véhicules de gros gabarit, souvent 4×4, dont les ventes ont quadruplé en 10 ans en Europe.

L’ensemble des voitures vendues dans le monde par les grands constructeurs en 2018 vont émettre autant de gaz à effet de serre que tous les habitants de l’Union européenne pendant un an, affirme Greenpeace dans un rapport publié mardi 10 septembre. “La responsabilité n’incombe pas aux consommateurs, mais aux constructeurs automobiles qui orientent les choix des consommateurs”, a expliqué mardi sur franceinfo Sarah Fayolle, la porte-parole aux transports de Greenpeace France.

Les émissions émises par les voitures vendues en 2018 représentent 4,8 gigatonnes d’équivalent CO2, alors que les celles, annuelles, de gaz à effet de serre de l’Union européenne s’élèvent à 4,1 gigatonnes d’équivalent CO2. Selon l’ONG, plus la voiture est une grosse cylindrée, plus elle consomme et plus elle émet de gaz à effet de serre.

Ce rapport, intitulé “Droit dans le mur : l’industrie automobile, moteur du dérèglement climatique”, examine tout particulièrement l’impact climatique des 12 premiers constructeurs automobiles mondiaux. Pour cela, il prend l’ensemble des voitures vendues par les 12 plus grands constructeurs et calcule combien de CO2 est rejeté, sur une durée de vie moyenne de 200 000 kilomètres. Résultat : c’est Volkswagen qui a la plus grosse empreinte carbone, suivie par Renault Nissan.

“L’urgence climatique est chaque jour plus palpable. Pourtant l’industrie automobile continue de conduire le climat droit dans le mur”, affirme Greenpeace. Selon l’ONG, l’ensemble des véhicules vendus par Renault-Nissan émettront plus que l’Australie en un an. L’ONG pointe en particulier les SUV, ces véhicules de gros gabarit, souvent 4×4, dont les ventes ont quadruplé en 10 ans en Europe. Le rapport de Greenpeace est dévoilé alors que les parlementaires vont de nouveau examiner la loi énergie climat avec la question de l’encadrement de la publicité pour ces gros véhicules.

Sur le marché allemand, les constructeurs ont investi plus d’argent dans la publicité pour les SUV que dans n’importe quel autre segment.Sarah Fayolle, porte-parole de Greenpeace Franceà franceinfo

“Dans l’Union européenne, la part de marché des SUV est passée de 8% en 2008, à 32% en 2018”, détaille la porte-parole de l’ONG, qui souligne qu’aux États-Unis, cette part de marché est de 69%. Selon Sarah Fayolle, “il faut aller vers une fin de vente” des SUV. “Si on pouvait commencer à arrêter de promouvoir ce type de véhicules, ce serait déjà une bonne chose.”

Greenpeace France estime par ailleurs que “les quelques progrès” faits par les constructeurs sur les émissions, “ils les annulent eux-mêmes en mettant sur la route des véhicules plus polluants”. La porte-parole pointe “l’écart qui est très fort entre les résultats des tests qui permettent d’homologuer ces voitures et les émissions réelles de ces voitures sur la route”. Les réductions d’émissions affichées par les constructeurs automobiles restent “très limitées”, selon Sarah Fayolle. “Elles nous placent sur une trajectoire qui est toujours incompatible avec les objectifs climat de l’accord de Paris.”

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