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La marmotte ne montre le bout de son museau que d’avril à la mi-octobre. Ce dimanche, comme chaque année avant que le rongeur n’hiberne dans son terrier, l’association pour la protection et l’étude et la valorisation des marmottes (APEVM) organise son deuxième comptage annuel à Eygliers Mont-Dauphin.

Une poupulation en baisse

L’animal est devenu la mascotte de la petite commune des Hautes-Alpes qui a aménagé un sentier pour permettre aux visiteurs d’aller à la rencontre des marmottes de la vallée après seulement quelques minutes de marche.

Munis de jumelles, les bénévoles vont tenter de comptabiliser les marmottons de la colonie locale. “C’est une année particulière, s’inquiète Annette Lebreton, secrétaire de l’association. Ces dernières années, on avait une population stable autour de 55 marmottes en mai, à la sortie de l’hibernation, et là on en a compté 46. On n’a pas vraiment d’explication. Peut-être qu’elles ont été moins actives ou qu’elles ont été trop nourris par les visiteurs et qu’il y a eu des maladies”. 

En 2010, déjà la colonie avait connu une très forte mortalité. C’est ce qui a conduit à la création de l’association, qui fait de l’information sur le site et organise des maraudes pendant la période de forte fréquantation touristique en été.  

Deux groupes à l’étude

Aurélie Cohas est écologue. Elle étudie depuis 3 ans le comportement et la démographie des marmottes des Hautes-Alpes. Elle vient chaque été observer deux groupes vivant à diffétentes altitudes, l’un au col du Lautaret (2058 m) et l’autre au col du Galibier (2645 m).

“On les a marqués l’année dernière, c’est trop tôt pour tirer des conclusions sur leur évolution, explique-t-elle. Mais on voit que le groupe du haut et le groupe du bas se comportent différemment”.  © Vincent Isore/MaxPPP

© Vincent Isore/MaxPPP

© Vincent Isore/MaxPPP

La survie des marmottons 

Premier constat, au Lautauret, les individus sont très gros et de grande taille. Au Galibier, ils sont plus petits et leur croissance est plus lente, l’âge de la reproduction intervient aussi plus tardivement.

La chercheuse s’intéresse à l’impact des contraintes environnementales et notamment au réchauffement climatique qui menace l’espèce en réduisant ses ressources alimentaires.

On note un paramètre négatif sur la survie des jeunes que les marmottes compensent par la mise en place de plus de groupes pour avoir plus de marmottons”, dit Aurélie Cohas. 

L’impact négatif des activités sportives

Aurélie Cohas a démarré cette année une autre étude sur l’impact des touristes. “Et tout particulièrement celui des activités sportives en montagne, randonnée et VTT, qui vont encore se développer avec le réchauffement climatique” selon l’écologue.

Les randonneurs sont ceux qui dérangent le plus les marmottes et qui en ont le moins conscience,

explique la scientifique. 

“Les randonneurs sortent des sentiers pour prendre des photos. Comme la marmotte est curieuse, elle regarde. La photo ne prend que quelques minutes mais ça dure toute la journée”. Le drame c’est que pendant ce temps, la marmotte ne mange pas et les conséquences sont lourdes pour la survie des groupes.

Quand les marmottes meurent de faim

D’avril à octobre, la marmotte doit emmagasiner suffisamment de réserves pour hiberner. 70 kg en 6 mois. “Les saisons d’engraissement sont courtes et contraintes en fonction de la météo, souligne la chercheuse. La principale cause de mortalité, c’est la faim. Elles meurent quand elles arrivent au bout de leurs réserves énergétiques accumulées hors du terrier.”

Aurélie Cohas a obtenu un financement de ses recherches pour les trois prochaines années. Elle espère cependant pouvoir accompagner sur la durée les “siffleurs” des Hautes-Alpes, sachant qu’une marmotte peut vivre 16 ans au maximum. 

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