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Des affiches électorales en Australie, le 7 mai 2019. Des affiches électorales en Australie, le 7 mai 2019.  (WILLIAM WEST / AFP)

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C’est sans doute une première mondiale : des élections où la question de l’environnement et du climat devient la préoccupation principale. Selon un sondage de la chaîne ABC, c’est en effet la première motivation de vote des électeurs australiens. L’enjeu climatique a fait un bond en moins d’un an, s’imposant comme le principal sujet d’inquiétude des 25 millions d’habitants de ce vaste continent, plus grand que l’Europe.

Chez les moins de 35 ans en particulier, près de 90% réclament des mesures d’urgence pour le climat. Une proportion qui s’élève encore à 60% quand on examine l’ensemble de la population. Et c’est d’abord pour cette raison que les conservateurs, au pouvoir depuis six ans, pourraient être battus par l’opposition de centre-gauche. Plusieurs dirigeants conservateurs sont en effet des climatosceptiques. Et le premier ministre actuel Scott Morrison est très lié aux industriels du charbon : il vient de donner son accord à l’ouverture d’une énorme mine, la plus grande jamais exploitée.

L’Australie reste aujourd’hui l’un des pays les plus consommateurs d’énergie fossile : son taux d’émission de gaz à effet de serre rapporté au nombre d’habitants est l’un des plus élevés au monde. L’opposition travailliste promet, à l’inverse, de lancer un vaste plan de développement des énergies renouvelables et des voitures électriques. Objectif : 50% de véhicules électriques d’ici dix ans.  

Il faut dire que les Australiens sont aux premières loges pour mesurer la réalité du réchauffement climatique. Ils viennent de vivre une année marquante et révélatrice. L’été austral, de décembre à février, a été marqué par des canicules record et des inondations sans précédents, en particulier dans les trois Etats les plus peuplés : le Queensland à l’est, les Nouvelle Galles du Sud (autour de Sydney), et la province de Victoria, au sud (autour de Melbourne).

Les scientifiques australiens sont formels sur le lien avec le réchauffement climatique : le pays vient de vivre six années consécutives de canicule. Conséquence : des feux de forêt à répétition. Et des agriculteurs à la peine en raison de la sécheresse, en particulier les viticulteurs, toujours dans la province de Victoria. L’impact électoral pourrait donc être majeur : parce que la plupart des circonscriptions-clés, celles susceptibles de faire basculer le scrutin, se trouvent justement dans cette région de Melbourne.  

Les questions économiques ont également été mises en avant : la stagnation des salaires, le coût des loyers. Mais là encore, beaucoup de choses ramènent à l’environnement. Puisque tout l’argument des conservateurs en place c’est de prédire un “crash économique”, si le plan de conversion aux énergies renouvelables promis par l’opposition de gauche est mis en place. Cela entraînerait des milliers de suppressions d’emplois, affirme l’actuel Premier ministre. L’argument a d’ailleurs convaincu une partie de l’électorat : les conservateurs ont rattrapé une partie de leur retard. Mais les derniers sondages placent malgré tout l’opposition en tête, à 52%.

Sokha Hin
Sokha Hin is cofounder of OpenTeam. Engaged into creating a more sustainable economy. 10+ years track in innovation and digital startup environment. Discovered the so little-known reality of climate change at COP20, in Lima, Peru, Dec 2014. Engaged as a consequence into raising awarness of citizens worldwide and empowering citizens into concrete action through digital tools and spreading social entrepreneurship. The World can evolve only by providing a collective reponse, up to the stake of climate change.

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